Encore présent dans de nombreux bâtiments anciens, le risque d’exposition à l’amiante persiste, notamment lors de travaux de construction, de rénovation, de maintenance ou d’interventions techniques. Afin de renforcer la prévention, la Commission Européenne a publié fin 2025 un ensemble de mesures visant à améliorer la protection des travailleurs exposés à l’amiante.
Un cadre européen renforcé
Ces nouvelles publications viennent accompagner la directive européenne relative à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à l’amiante (directive 2009/148/CE, révisée en 2023).
La Commission Européenne a notamment publié :
- Des lignes directrices destinées à faciliter l’application concrète de la directive sur le terrain ;
- Des recommandations relatives à la formation des professionnels exposés ;
- Une extension de la liste européenne des maladies professionnelles liées à l’amiante.
L’objectif étant de réduire les expositions professionnelles encore existantes et harmoniser les pratiques de prévention au sein des Etats membres.
Des secteurs particulièrement concernés
Les expositions à l’amiante surviennent encore principalement lors de :
- travaux de construction et de démolition ;
- opérations de rénovation et de réhabilitation ;
- activités de maintenance et d’entretien ;
- interventions dans les bâtiments construits avant 1997.
Le risque ne concerne pas uniquement les chantiers lourds. Des interventions ponctuelles (perçage, découpe, remplacement d’équipements) peuvent également générer une exposition si la présence d’amiante n’a pas été identifiée en amont.
Les nouvelles orientations européennes insistent d’ailleurs sur le respect des mesures de protection, y compris lors de chantiers de courte durée.
Un accent renforcé sur la formation et la prévention
Les nouvelles orientations européennes publiées le 18 décembre 2025, insistent sur l’importance de la formation des professionnels susceptibles d’être exposés.
La prévention du risque amiante repose sur :
- l’identification des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante ;
- l’organisation des interventions en sécurité ;
- le respect des procédures adaptées ;
- l’utilisation appropriée des équipements de protection.
Ces exigences s’ajoutent à la directive révisée de 2023, qui a notamment abaissé les valeurs limites d’exposition professionnelle et renforcé les mesures de prévention.
Ces éléments complètent les obligations déjà prévues par le Code du Travail en France, notamment pour les activités relevant des sous-sections 3 et 4.
Une reconnaissance élargie des maladies professionnelles
La Commission européenne a également élargi la liste des maladies professionnelles liées à l’amiante, en y intégrant notamment certains cancers et pathologies pleurales :
- le cancer du larynx ;
- le cancer de l’ovaire ;
- les plaques pleurales avec réduction des fonctions pulmonaires ;
- l’épanchement pleural bénin.
Cette évolution vise à :
- faciliter la reconnaissance des maladies professionnelles ;
- améliorer l’accès à l’indemnisation ;
- renforcer la prise en charge des travailleurs exposés.
Le rôle de l’employeur : évaluer et prévenir
Le risque amiante constitue un risque professionnel à part entière.
À ce titre, l’employeur doit :
- identifier les situations de travail susceptibles d’entraîner une exposition ;
- s’appuyer sur les repérages réglementaires existants avant toute intervention ;
- intégrer ce risque dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) ;
- mettre en place des mesures de prévention adaptées ;
- former les salariés concernés.
L’anticipation demeure un principe central : un risque non identifié ne peut être maîtrisé.
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